Prose

Ecrits RECENTS

Faire d’une partie de plaisir une patrie du désir

Extraire et déboussoler. Mener la confiance à une allure respectable. Un oubli constant rempli de gratitude. Moquer et reprendre un couplet mécanique de lubricité. Finir saoul avec des indigènes, bravant la convenance par le rire. Fixer une lumière en forme de lampion sur une tortue. Déglinguer un modjo tranchant comme un rasoir sur une éponge cloutée. Laisser un plan sur la comète bleue du désir inachevé. Devenir et détenir les rênes d’une option rose nacrée. Méditer et mériter les allures convenables d’un sentiment partagé. Fournir avec un détail précis les us et coutumes d’une entrevue charnelle avec une chamelle. Dégrafer les bretelles du destin avec une cuillère à soupe de responsabilité. Faire d’une partie de plaisir une patrie du désir. Incuber les embryons du lâcher prise dans un laisser-aller renouvelé. Sentir les aisselles de la souffrance se refermer sur les soubresauts de l’inquiétude. Travestir la moralité d’un bond furtif et indécent sur la balançoire. Laisser une portée d’innocents nouveaux-nés, fruits de l’union illégitime entre l’empathie et l’espoir, gravir les échelons de l’avenir.

Ecran noir pour personnes non qualifiées

D’ardents tropiques. Tri sélectif des épaisseurs de noix de coco. Filandreux souvenir à membrane multiple. Sectionné à la base de la tête. Un instant absorbé par un souffle tentaculaire. Protection unicellulaire contre toute forme de rejet. Caracolle existe en tête de file en aiguille. Discussion à propos de la sécurité du coeur. Des veines translucides asséchées par l’arrêt impromptu du désir. Sentir à nouveau l’absence d’une relation avec un esprit malade. Volatile aux doigts cotonneux, pris dans un filet virtuel. Continuum effacé de belles avancées. Mystère en forme de poches à conditions. Ultime remède à l’agitation cosmique. Sorti du coma pour entrer en hibernation. La plainte sourde d’un coquillage accroché à une branche de corail à la dérive. Permission accordée au refus du conformisme imposé. Une vitrine brisée par tout l’or convoité. L’écran se superpose à la spontanéité de l’instant. À boire et à manger pour la chèvre sans troupeau. Envie rectiligne débouchant sur une impasse. Manège concentré où tourbillonne des démons vieillissants. Imprégner l’odeur d’une renaissance avec le parfum des ombres romantiques. Un avion en papier avec pour cible le sourire d’un enfant. Passerelle délicate entre l’innocence et la lassitude. Un mélange coloré se forme autour de l’aire de jeux pour adultes. Ecarter les branches d’aujourd’hui pour mieux apercevoir le sentier de demain. Des pupilles dilatées en guise de jumelles  à longue portée. Ecran noir pour personnes non qualifiées. La conséquence prévisible du redoutable doute. Gangrène de l’esprit remplacée par un rire en fusion. Victime par défaut de l’extinction d’une étoile.


Les bulles sont pleines de sentiments

Doléance endormie. Du mieux être. Un version améliorée. Soubresaut de soirée. Carcan délié. Carcasse ambigüe. Ritualiser l’ennui. En faire un plat de consistance. S’en remettre à la facilité. Se résigner à ne pas réussir. S’entourer de bandelettes d’ecchymoses. Trouver une méchante envie de vacuité. Dresser un monolithe de questions. Dégager vite fait les couvertures. Souillure délicate. Ménager les trois vérités. S’enrubanner  de pics de croissance. Calibré pour s’user. Obtention du timbre vital. Poinçonné de tous côtés. En date limite d’exercice. Soutenir le verbe haut. Goûter les moments d’entente. En un lieu sacré se reposer. Autrement. Sans se figer en un rictus factice. Décortiquer la liste de faire. Quiproquo éthylique. Croassement du triste crapaud. Colère absurde à insister. Des victuailles de second ordre. Rabais à programmation lente. Des os à moelle de la vie. Champignons phosphorescents dans la forêt cathodique. Crocodile en proie à une crise d’asthme. Crosse en pleine tête. Sanglant sanglot. Sourire si rare. Approfondir la sobriété. Changer pour mieux rester intact. Du véhicule le passager de quelques décennies. D’autres instincts. D’être l’instant. Dater les ombrages. Voler les adages. Cruel comme un cric dans l’crâne. Montre fissurée. Le sable s’engouffre. Mixture revigorante. Coller une lettre sur la vitre. Embaumer les vestiges de légèreté. En laisser pour plus tard. Se lasser de tout ça. Croupir en eaux profondes. Les algues caressent l’échine. Les bulles sont pleines de sentiments. Les bulles sont pleines de sentiments.


Défibriliser l’innocence

Défaire la toile psychotropique. Détacher les pensées parasites. Désunir les liens ténus. Décrocher une envie aux étoiles. Démembrer les carapaces dorées. Détruire les ponts entre les âmes. Déstructurer les maillages fragilisés. Détrôner les succulentes de leur totem. Déchirer le voile qui sépare les coulisses de la scène. Détremper les idées dans un verre de cognac. Désituer les frontières de valeurs. Décaler le passage d’une embouchure. Défibriliser l’innocence. Décompacter les comédies avec un feu d’artifice. Déstabiliser les habitudes d’un léger soubresaut. Déplumer la victime d’une érosion affective. Définir un mécanisme semi-automatique. Démarcher la vertu en professionnel. Défier la vie en amateur éclairé. Démêler. Désamorcer.


Malaxer les chairs inutiles

Mélanger les idées fixes en un pot-pourri de décisions volatiles. Mécaniser les articulations cognitives. Multiplier le bonheur par projection intempestive. Minimiser l’être en tant qu’autel. Ménager les équipements biologiques. Molester la tentative de renoncement consentie. Mâcher la douceur pour en faire un bouillon. Mastiquer les souvenirs jusqu’à oblitération. Maudire les tentacules du mépris. Malaxer les chairs inutiles. Morceler une anecdote en confettis d’inepties. Maquiller la façade d’une simple bouffonnerie. Médire en décrivant un idéal. Mater une ruade affective grâce à un piège raffiné. Marteler un coussin des douleurs du présent. Mixer les fausses vérités en eaux troubles. Mériter. Mâtiner.

Ostende – Belgium

Ecrits de voyage

Sur la route

Sans se retourner, il est parti au lever du jour. Quelques provisions dans son baluchon pour tracer la route. Aucune émotion ne le traverse, son seul but pour le moment est d’avancer. Il ne craint pas les embûches, il ne se soucie pas du lendemain. Corps à corps avec le moment présent, les contours des paysages se dessinent derrière la brume matinale. Nullement tenté de croire qu’il se destine à se poser à un endroit précis, avec attention, il met un pas devant l’autre. Bien sûr, plusieurs fois il tente de s’arrêter pour mesurer le chemin parcouru. Mais sa conscience lui dicte de voir plus loin que l’horizon, de se soumettre aux lois que lui impose son mouvement continuel. Il est yogi errant, le dernier de la lignée des combattants. Cette lutte se destine à lui-même, ultime tentative d’exister maintenant et pour l’éternité.


Regards curieux

Regards intenses. Sourires timides. Sourires bienveillants. Oeillades répétées. Double oeillade. Salutation corporelle mesurée. Champ de vision élargi, étonné(s). Marche du quotidien, indifférent. Solide capacité à endurer le présent. Namasté, toujours pour engager. Pas de doute en soi, rien de fade. Multiplicité oblique de tous les sens.


Un de ces temps présent

Indexé sur l’attente pressée. Un dessein latent pressenti. Indécis, las, près du sentier. Décision proche en sentiments. Scission ralentie par la présomption d’impermanence. Incarné en permanence par des dieux éternels. Incarcéré dans des temples. Lacéré et laissé pour mort. Surgissant des eaux sacrées. Plongeant encore, membrane métamorphose. Scarifié. Sans cause à défendre, sans trophée à suspendre. Gravé.


De quoi se passer, avec quoi se surpasser

Dépenser son énergie à effacer? Dépasser sa volonté à surnager. Déclarer son passé hors d’état de nuire. Eclairer son futur de nouvelles lumières. Fixer son présent sur un simple objectif. retenir ses émois pour devenir plus adroit. Définir en un mot le mouvement approprié. Ecraser le sot qui se meut et se meurt atrophié.


Détendre les fils ténus qui relient les événements de la vie aux mouvements entrepris.
Ecraser doucement les soubresauts craintifs avec une semelle de fakir.


Marionnette hybride

J’avais oublié que j’étais fait de chair et d’os. Il me semblait que j’étais couvert de lumière et de poussière. Que mes pieds étaient d’une matière charbonneuse. Que ma tête, à l’instar d’une méduse, était transparente. L’on voyait les câbles colorés qui s’entrecroisaient. Que mon simple coeur n’était guère plus gros qu’un litchi. Fixé aux amygdales par deux fils de ver à soie. Mes lèvres? Une fleur d’hibiscus fanée. Quant à mes cheveux, cousus de tresses d’oignons, ils me donnaient une solide odeur de graillon. Deux pierres plates en guise de fesses. Mes jambes, élégance utile, ont eu la bonne idée d’être des bambous. La rotule? Une noix de coco percée. J’aurais pu encore détailler mes aspects les plus singuliers, cependant mes mains, quelques bouts de bois reliés à des plaquettes d’argile, s’usaient beaucoup trop vite…


Revenir plus simple d’esprit (aphorismes par dilettantisme)

Il aime les vices et les caprices.

La croyance rassure aussi bien que l’eau désaltère.

Résiliant j’ai laissé tomber mon âme au fond du puits.
Je suis allé la recouvrer, elle s’était changée en poisson.

L’immobilité est la clef du mouvement.

Rester impassible, absorbé et conscient et puis marcher lentement autour du stupa blanc.

Défigurer les idées. Des figures, hey lazy day.
Faire figurer, faire office de figurant. Transfigurer, faire semblant de figurer.

Lorsque le voyage ressemble au vécu du quotidien dans son propre pays, est-ce qu’on est adapté? Qu’on s’est laissé engourdir? Qu’il est temps de bouger à un autre endroit?

Tu brûles la vie par un bout mais tu ne sais pas la longueur de la mèche.
N’est-ce pas excitant de ne pas savoir quand ça s’arrête?

Se sentir seul, c’est faire du mauvais esprit. Etre fertile par l’entremise de l’introspection.

Cette ivresse a un parfum de déjà-vu. Mais il manque au tableau le sourire des amis. Car l’amitié se dilue si bien autour de quelques pichets.

Se nourrir / Corps et âme(s)
Se pourrir / D’effort et de larmes
Se suffire / A tort, en armes
Se trahir / D’un bord, à la rame

Se sentir caméléon, camouflé dans la jungle urbaine.

Dans le flot continuel des existences, le fleuve de la vie charrie nombre de détritus vers des îles désertes.


Samsara

Dans le flot continuel des existences une femme est née, qui va bouleverser les monde des hommes et leur inconscience. Cette femme, dit-on, est l’alter-ego de Shiva. On ne la surnomme pas, on l’implore. Elle a détruit tout ce qui est mauvais dans le coeur des hommes pour remplacer ce vil surplus par des grains de savoir fertile. Privé du mal qu’ils causaient auparavant, les hommes se sentirent perdus. Et sans comprendre la délivrance acquise, ils se laissèrent dépérir, suppliant la déesse de rétablir tout ce qui avait été amputé. Elle remit tout en place, en proie à un douloureux sentiment, et se tua avec grand chagrin et immense fracas.


Instructions

L’observation se nourrit du temps passé à un endroit. Les détails surgissent lorsque l’esprit se met en veille, disponible à toute perception du réel.

Le voyage est un café où l’on rentre pour se désaltérer et où tous les habitués se retournent et vous dévisagent lorsque vous prenez place au comptoir.

Le voyage est un supermarché, d’aucuns aiment les petites épiceries.

Se définir. Un Essentiel. Faire infuser. L’Essence de l’être.
Les mots transpirent par les yeux.

Laisser filtrer la lumière à travers des yeux embrumés.

Les instants dont on profite pleinement sont une source qui ne saurait se tarir ni s’assécher par un épuisement certain.


Remplumer les désirs empaillés

Réminiscence d’un don. Résurgence d’ombres et de lumières. Re-situer un nuage de sensations. Rétribuer au réel sa part de louanges. Redessiner les contours du sentier parcouru. Refaire mentalement la carte des destinations. Reboucher les vides par des hachures bariolées. Retrouver la chaleur des sourires échangés. Rembourser la dette due à chaque petit bonheur. Ré-agencer le puzzle de sa destinée. Remplumer les désirs empaillés. Redoubler de confiance en l’avenir. Ré-écrire les lignes photographiques. Replacer les éléments du destin dans un désordre volontaire. Relancer des javelots d’émotion. Rechercher les trésors cachés en soi-même. Rendre l’énergie à son état naturel. Revivre des passions à demi effacées. Réimplanter au doute sa place centrale. Réduire. Récompenser.

Granada – Spain

EcritURE AUTOMATIQUE

Vibration Automatique

Un oubli dans un mouvement. Léthargie écrite de sentiments frelatés. Un essai de début de siècle. Crise. Plissement effronté. Claque. Effleuré. Une catégorie en friche. Un trompe l’œil dérivatif. Contribution cachée. Personnelle. Acharnée. Jeter des lettres automatiques dans un distributeur d’instants. En impression lointaine, des intimités parcourues de frissons. Retour à une réflexion audiovisuelle. Bouffées délirantes sans conséquence pour un équilibre précaire. Songer. Une usure amorcée par des écorchures. A vif, les tissus révèlent leurs textures. Des cristaux tendres qui scintillent par intermittence. Des poses en clair. Absence rassurante. Mélodies synthétiques. Courtiser l’écart entre les notes. Compacter les ressentis en une compression temporaire. Des effets intériorisés et une trajectoire mal définie. Accordéon d’un soir terrassant les démons intérieurs. Et enfin la recherche et l’abandon : l’équilibre. Simple. Reflet distendu d’une fin d’après-midi. Arrêt.


Règles

Emouvante satisfaction. Drôle d’évanouissement. Liberté dans l’absurdité. Crise d’engouement. Vécu d’ineptie. Libre arbitre de l’éphémère. Sonorité dangereuse. Soubassement de l’esprit. Livrer à la nature. S’exposer aux fractures. Multiples explosions. Décrocher de l’oubli. Encocher la vertu. Développer une foutaise. Se servir d’un bélier. Destiner un sourire. Emballer la haine. S’exercer à souffrir. Parodier les idoles. Libérer les pulsions. Enlacer les chairs. Lanciner les herbes.


Marteau piqu’heure

Axe transversal des frontières. Découpé. Acharnement à ouvrir les paupières. Décalquer. Clique à clac. Un cuistot à la jambe de bois. Rade à raideurs. Risotto gingembre. Pensée à repasser. Alléger. Sans matière classe. Actuelle alitée. En aspirine prose. Yuti Yéti dans la ville. Sociale convenance. Rend compte dans la rencontre. Effeuillage. Distinction, tintement et clochettes.


Enfermé

Respiration charmante. Décompression des synapses. Une ombre dans une ombre. Fluctuante. Fouiller dans les recoins pour trouver le quotidien. Recréer un espace dans une petite boîte. Alternative à l’ouverture. Découpe d’une lucarne à l’aide d’un ouvre-bouteille. Une autre perspective de carton-pâte. Marionnette secouée. Des fils influent des spasmes. Tremblant. Une bougie allumée, interlocuteur vacillant. Décider de s’ouvrir à la nuit en un instant. Abandon. Un air de guitare acoustique en mono. Relier les sons à un environnement proche. Esquisser un mouvement d’épaule. Souvenir d’une fusion mélodieuse. Soupir. Encore un contour déchiré, aux rebords flous. Avec une démarche incertaine, s’approcher d’une réaction. Retour à une dose de spontanéité. Enjamber la balustrade de papier et recommencer à avancer. Encore.


Libérer mes démons

Allongé tranquille, voilà des heures que je médite. Sur ma falaise je n’arrive pas à faire le vide. Je raisonne et déraisonne. J’augmente ma volonté. Réveille un chat, le chasse et puis s’en va. Je n’ai pas chuté du haut de ma prison opale. Ils vont sûrement surgir, lors de l’issue fatale. Le souffle des quatre cavaliers méritent l’obéissance. Longtemps, des heures écoulées à réunir les miens. Armés de vibrations puissantes. Ils ont libéré mes démons, pour mieux les combattre. Ma dignité est intacte. Dans une dernière tentative, j’arrose mes envies intuitives. Les cercles se forment. Orage et ciel opaque. Parquées, les troupes d’énergie, prêtes à en découdre. Pour les mettre à sac.

Lisboa – Portugal

POEMES DE JEUNESSE

Avenir chiffré

Rien ne bouge
Un instant, rouge
Et fuyant j’inspire
L’odeur morose
D’un augure ivre
Allongé tel une rose

Sur le trottoir des Halles
Désastres dans ses mains ouvertes
Rouges du souffle des balles
Qui l’emportèrent, fatale étreinte
D’un homme qui discerna en aval
Que tout comme une boussole contrainte

Dont l’aiguille, sur le Sud arrêtée
Comme le diabolique destin
De l’homme qui s’élance et ne sait
Son devenir de bête dont les saints
Ne seront plus que des idoles marbrées
Juchées sur la cathédrale du temps


Présage

Des silhouettes
Que j’attends, qui me guettent
Que j’aspire mais regrette

Des parfums
Qui se jouent de moi
Peu communs
Sur un voile de soie

Des saveurs
M’entêtent et m’emplissent
La bouche
Et épices dorées, très vite s’arrêtent

Des rumeurs
S’amusent que je les écoute
Entonnent en choeur
Un murmure qui m’éprend d’un doute

Un présage
Me dévoile quelque redouté orage
Utopiques apparitions
De mon imagination
Ou présage
D’une nouvelle sensation


Le rouge et le noir

Petite graine
Qui pousse dans un monde d’ébène
Tu es si belle
Tu es saine et pas artificielle
Petite graine d’ébène
Pousse tranquillement
Sans te soucier de ceux qui saignent


Tentative d’érotisme

Un fait divers dans un journal du coin
A peine deux lignes en bas de la page trois
Rien à en tirer, simplement quelques larmes
Qu’elles soient de gaieté ou de pitié
Ca ne change rien, pas plus de place pour les chiens

Une tentative d’érotisme
Une encore, une au moins
Mais quel égoïsme
Un meurtre et puis rien

Un après-midi d’été
Comme un voleur il est rentré
Il serra fort, si fort
Et lui laissa un baiser d’adieu
Au creux de ses seins

Une tentative d’en finir
Cet amour, il n’en pouvait plus
Mais quel affreux soupir
Quand on pense qu’elle portait la vie

L’harmonie le rendit fou
La joie, l’amour le fit monstre
Mais de désespoir il mourut
Deux semaines plus tard
Noyé, le coeur au poing


Façon de parler

Pourquoi pas Vladivostok (Vladivostok)
Pour moi, un pas équivoque
Novossibirsk ou ailleurs (Novossibirsk)
Nouveaux si risquèrent précurseurs
Eloigné à Kamtchatka (Kamtchatka)
En lois, nées de mon coma
Qui compte en Liakhov (Liakhov)
Quiconque théosophe


La mort est une pute

Répondre à l’impossible
Comme stupide voeu plausible
C’est pendre un irréductible
C’est chose indicible

Etrangère à toute saison
Etrange erre à toute raison

Finir au cimetière
Dévoré
Dévoré
Par ces milliers
De griffes amères
Qui se souviennent
De la vengeance
Volatile et futile
Et qui obnubilent
Mes restes de pensées

Et maintenant
Que vais-je faire
Seul
Seul et encombré de ma chair
Sous l’épaisse couche de terre

Et je sens
Mon âme qui me dis viens
Viens, c’est si beau là-haut
Pourquoi la croire
Traîtresse

Elle tente de m’étouffer de ses bras
De pantin habile
Je ressens son visage
Le visage d’une femme
Cheveux noir et souriant de sexe

La mort n’est qu’une sale pute
Une pute en porte-jarretelles


Sans titre

Regarder les gens
Les tuer par moment
Effacer les vices
Tuer les caprices
Telle est juste l’idée
De mon utopie démembrée


Pensée

Les journées se passent, se tassent, s’encrassent
De longs détails qui ne semblent pas si loin
Comme un vague souvenir qui s’étire sans fin


Le tout n’est en rien

La vie c’est peut-être ça
Je n’sais pas
Mais qu’est-ce que je fous
Je devrais faire demi-tour
Pour me glisser jusqu’à lui
Et serrer, juste voir ce que ça fait

Cette mort, je veux lui prouver
Qu’elle ne m’aura pas
Tous les autres
Mais pas moi

Pourquoi tu ne serais pas un miroir
Pourquoi pas
C’est pas bien dur, crois-moi
Un seul pas, un seul

Vois-tu je pourrais bien attendre
Un an, pas bien plus
Ce n’est pas le moment de se rendre
Sans doute par Horus

Cette mort, je veux lui prouver
Qu’elle ne m’aura pas
Tous les autres
Mais pas moi

Sûr, je te prouverais que je vaux la plume
Que la balance n’en a que faire
Un Dieu dans un fleuve glacé
Surmonté

Et sourire aux nuages
Comme la pluie, les sages
Et faire de toi mon orage
Comme la pluie, ton image

Je complète ta pensée
Je n’sais pas
Un vieux désir inachevé
Je n’sais pas
Pas possible, un désert
Je n’sais pas
Rien qu’un but, rien qu’un

Aide-moi à vivre
Aide-moi à vivre
Tuer
Aide-moi à vivre
Aide-moi à vivre
Aimer
Aide-moi à vivre
Aide-moi à vivre


Qu’en est-il

Subvenir à un honnête besoin
Qu’en est-il et demain
De mes principes de considération

Une heure si tardive, et au loin
La lueur craintive d’un rien
Qui ne commence, incarnation


Ma brune

Ma brune, laisse faire
Mes yeux qui t’aiment
Ma brune, j’espère
Et toujours je sème
Des sourires à tout vent

Ma brune, dans ton sillage
Un feu par trop sage
Ma brune, l’encre de tes cheveux
Envahit à jamais les cieux
De ma mémoire d’étudiant

Ma brune, ce n’est pas le savoir
Qui me fait adorer ton allure.
Ma brune, lorsqu’il se fait obscur
Je revois tes jolis yeux noirs
Qui brillent au sommet d’un volcan

Ma brune, c’est dans mes illusions
Que je me complais en moribond
Ma brune, de t’aimer sans toi
Me rend plus fort dans mon désarroi


Elle

Elle car elle est belle
Celle dont je me saigne
Elle car elle règne
Celle qui crie à l’appel

L’appel de mes mots
De mon âme sur ces charmes
L’appel de ses yeux
De mes mains qui ne s’arment

Armé, cette fusion dérapée
Vécu de ses cheveux cuivre
Armé, mon coeur encré
De son image réelle et ivre

Ce soir j’ai peur
D’avoir vu une fille que j’aime
Ce soir j’ai peur
De me mouvoir sans un je t’aime

J’ai osé me pardonner
De l’avoir délaissé
Sans un mot pour mes pensées
Qui depuis se vident
De leurs remparts perfides

Cet automne
Je ne suis qu’un regard
Je ne veux qu’un hasard

Cet automne
Je ne peux me souffrir
Je ne peux plus sourire

Comme un vide
Comme un néant
Qui m’habite
Pas une ride
Juste comme avant
Ce loin qui me quitte


Le borgne

J’ai par trop souvent envié
Tes solitudes de vieux borgne
Tes moments avec la mort passés
Trop longtemps me rognent

Quand tu rêvais de tes yeux rivés
Sur le sale mur blanc en face
Croyais-tu repeindre une longue trêve
Des tes souvenirs las, lasse !

Et lorsque tu souriais de tes molaires érodées
Voyais-tu vraiment les formes câlines
De tes nymphes aux iris éreintées
Hier encore superbe mais à l’heure libertines

Voyais-tu vraiment en ce temps déjà révolu
Quelque présage, vieux reclus
Comme en un hiver glacé un orage dru


Viol

Rendez-la !
Rendez…
Rendez-la moi!

Lâchez…
Lâchez-la !
Lâchez-la !

Vous ne pouvez
Vous ne pouvez
Non…

C’était au détour d’une rue sombre
Qu’ils se terraient dans les ombres
Les salauds ! Ils attendaient le sexe
Comme on jette un vieux Kleenex

Violez, violez, meurtriers
Vous n’êtes que des animaux
Violez, violez, meurtriers
Votre âme mont’ra pas haut

J’ai pas sû leur résister
Mais elle n’a su que trop crier
Je portais leur honte et j’ai vomi
Je voulais ma perte et pour elle la vie

Mais la faucheuse ne change pas d’avis
Et de l’avoir tuée, ils furent tout étonnés
Moi j’ai crié à la mort de m’emporter
Mais elle fut sans pitié et depuis je crie

Violez, violez, meurtriers
Si la haine emplit votre esprit
Si le sexe dérègle votre vie
Si l’horreur est votre ami
Si l’amour est votre ennemi

Entendez votre lâcheté, votre vice
Et cette immense douleur
Irremplaçable dans le coeur
Ce cri qui devient presque banal
Par votre faute presque normal


Dégoût prononcé

Souvenir abîmé
Passé refoulé
On n’ose regarder
On n’ose écouter

Et pourtant
Souvenez-vous
Jeunes gens
De tous ces coups

Ecoutez le bruit des fusillés
Pendus ou asphyxiés
Voyez le vide de ces enfants sombres
Dont dépasse le nombre
De tout ce que vous auriez pû imaginer

Pleurez !
Femmes séquestrées, hommes mutilés
Vomissez !
Animaux morts, champs de mort

Vous ne pouvez !
Ecoutez ces cris
Cette débauche de gâchis
Et vous mourrez !


Le mousquetaire

Sur le bord de la rivière
Gisait un mousquetaire
Salement se tirait les vers
Un coup dans l’nez
Il en avait abusé


Beau de l’air

Je désire la mort d’une seule de ces fleurs
Pour épanouir douloureusement d’autres corolles

J’envie l’odeur à la fois putride et agaçante
Que laissent fleurs fanées dans un souffle glacé de volupté

Songer à être brisé, les rejoindre et espérer
Que le liquide pénétrant qui, en nous enchaînant, unisse nos langages
Et devienne sous l’emprise despotique de mon désespoir spleenien
Une braise illuminée où le Temps sans traces et sans fortune se consumerait

L’alcool qui, tout à l’heure, ravageait mon indolente mélancolie
Devenant une puissante essence à mes désirs impériaux
Le vent qui, tout à l’heure
Faisait couler mon sang comme un cil de femme

Renverse les flots de mes larmes
Pour donner la vie à une horrible dame
Aussi longue qu’un flamant teinté de noir
Coiffé d’un chapeau à l’allure du tout puissant astre
Qui illumine de sa froide chaleur
Ce bourgeon d’hostilité, cette fleur du Mal


Un (promotion)

Se laisser perde, sans même une once de regret
N’est-ce pas cela l’unique pauvreté
Dont on ne puisse rougir
Pour tomber en larmes, pour finir sans armes
Pour vivre effacé, pour tuer ce vacarme
La vie est-elle un sourd prétexte

A se crever les yeux
A se mutiler le coeur
A se dérober sous les pleurs

N’y a t-il pas une renaissance dans la confusion
Une sorte d’épuration avant la conclusion
Quelque chose de simple
Simple comme un mot

Un seul mot
Qui nous tient en esclavage
Un mot comme adage
Un mot de sage
Penser


Coi, quoi

Fatigue fortune
Je crois au pouvoir des urnes
Je crois à mesure de lune
Fatigue fortune

Apparence et dénigrance
Où sont tes souffrances, France
Apparence sans délivrances
Dès lors vient l’errance, France

Ton, sans nom, sacrifice
Toi, sans mon, vice des vices
Je suis primitif
Dans mon affectif

Naïf je veux redescendre
Naïf une seule vie, apprendre

Ré-illusionner mes palettes
De formes et couleurs
Protéger mes amulettes
Je suis roi pour l’heure

Comme quoi
Quoi qu’on fasse
On reste coi


Gravital équilibre

L’équilibre, équilibre, mais qui dit libre
L’équilibre, équilibre, et qui vit libre?
Pas moi, sûrement pas

Mental ou physique, métal ou fusibles, fût-il?
Arnaque mentale, physique arnaque, que je raque?
Pas moi, sûrement pas moi
Pas moi, sûrement pas, non

Gravital équilibre
Grave vital visible
Etonné, suspicieux, supplicié !

Dangereux, de ce jeu heureux, j’en tire profit
Dangereux, dans ce jeu vaseux, j’en vire bouffi
Pas moi, sûrement pas (sûr tu ne me mens pas)

Vrille à unisson, vrille unique son, vis là n’y sont-ils?
Vrille finissons-en !

Gravital équilibre
Grave vital visible
Le ton l’ai-je, l’eus-je prié, fus-je scié?
A tout net, sous le vice y est, sous les liasses, les billets


Extase en phase

Je suis le drogué des instants
Extase moment
Je suis, je suis le manque erratique
D’une anecdote typique

Vouloir affûter mes sensations
Guetter par delà les vibrations

Je suis odorat
Quand l’air se déploie

Je suis audition
Quand s’entend une percussion

Je suis les yeux
D’un albatros soucieux

Un homme, un banc, une contrebasse
Un enfant, une canette, des crevettes
Une fille, au café, un lait fraise

Extase en phase
Des sages la stase
Extase en phase


Une moule muette

Une moule muette
Elle mourut simplement
Elle mourut dignement
Elle ne savait faire autrement
Une moule muette

Une assiette moulée
Aux moulures écorchées
Elle ne pleurait pas. Elle ne criait pas
Moule muette elle était
Ebouillantée y est restée

Moule muette, molle moule
Etait silence, était clémence
Vécu d’absence, dans la panse
Bien arrosée d’un Roger
Plus graisseux qu’un torché

Moule muette mise au panier
Un gosier de friture
Pour calme sépulture.


Amour de campagne

J’étais seul
J’étais nu
Ô ma gueule !
J’avais bu

Malgré moi
Tu étais là
Tu sentais bon le foin
Ton haleine le crottin

J’embrassais ta gueule
Tu mugissais, bégueule !
Toi, avec tes habits blancs et noirs
Qui sentaient le cuir mal lavé du soir

Et fort de ton amour
Je dormis sur ton dos
Mais tu me réveillais, au galop !

Broutant la pâture de ta gueule
Chassant de ta queue les mouches veules
Et rendant à celle qui te supporte sur son plancher
Une jolie masse fraîche et encore fumant l’derrier’


Rumikubi

Lève-toi, furax mais relax
Marche droit, y’a que ça à faire
Lève-toi, calme et relax
Au pays des rois, la vie est à refaire.

RumiKubi, le pays des rois d’la vie

Suis-moi, le chemin te désaxe
Marche droit y’a que ça a faire
Suis-moi, le mauvais sort t’anthrax
Au pays des lois, l’amour est à refaire.

RumiKubi, le pays des rois d’la vie

Force-toi, ta prison est ton thorax
Marche droit y’a que ça a faire
Force-toi, la seule cage ta syntaxe
Au pays du moi, le ça est à refaire.

RumiKubi, le pays des rois d’la vie


Alice

Alice au pays de l’oseille
Est une pute aux reflets vermeils
Alice préfère coucher
Et dans son lit le soir pleurer

Alice au pays de l’oseille
Fait sombrer sa vie dans une bouteille
Et dans la rue se met à crier

Annapurna – Nepal

PENSEES DE Jeunesse

Une fois je pris mon nombril pour un cendrier.

Formule toujours ton sourire avec les yeux.

Comme j’aimerais m’endormir sur le dernier son d’une musique,
juste après que le marchand d’herbe soit passé.

Je crois avoir affaire à un sérieux nid de mouches.

Et des bulles de savon s’accrochaient à cet île, ce pénis.

Quand la femme est multiple, l’amour est unique.

Rien n’égale le splendide tortueux de la clématite.

J’affronte la vie tous les jours, ce n’est pas tant d’être craintif
mais de laisser planer des soupçons sur elle.

Le cycliste attend la reconnaissance du piéton.

La période « femmes nues » d’un artiste est toujours le besoin d’un amour excessif.

La maîtrise est un art à grande fermentation.

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